CINÉMA

CINÉMA

Le Lavoir Numérique explore les liens entre Internet et la création
audiovisuelle. Émergence de nouveaux talents, fenêtre sur notre monde ou
point de fuite, course aux données et identité numérique, autant de thèmes
abordés dans la toute première programmation cinéma du Lavoir
Numérique !
Programmation par Benoît De Chaumont, directeur du cinéma La Tournelle
de L’Haÿ-les-Roses.

Inauguration le 15 octobre 2020 : programme

Inauguration le 15 octobre 2020 : programme

JEUDI 15 OCTOBRE 2020
Entrée libre

Réservation obligatoire (jauge limitée)
01 55 01 04 86 / lavoir.numerique@grandorlyseinebievre.fr
L’entrée se fera exceptionnellement du côté de la rue Victor Marquigny – façade historique.
Une programmation conçue dans le respect des mesures sanitaires en vigueur.

Le chantier de réhabilitation des Bains douches de Gentilly prend fin.
Transformé en équipement culturel, Le Lavoir Numérique est dédié à la photographie, au son et au cinéma.

À 18H30

≡ VISITE DES ESPACES DU LAVOIR NUMÉRIQUE

Venez parcourir les étages et découvrir les projections et installations en
continu : extraits de la série Scoopitones de Laurent Melon, le film Robert
Doisneau, sans les photos réalisé par Bernard Bloch – film où le
photographe revisite les bains-douches abandonnés, les installations
sonores du Conservatoire de Gentilly, la création visuelle projetée sur la
Façade imaginée par Laurent Melon.

≡ VERNISSAGE D’EXPOSITION

Écrans partagés
La photographie après 31 ans de Web

Collectif DIAPH8

Le Lavoir Numérique a pour ambition de questionner le monde par le
prisme de l’audiovisuel actuel.  Pour débuter cette longue et passionnante
prospection, il fallait bien commencer par le commencement et s’attaquer à
cette fantastique montagne qu’est le Web aujourd’hui. Expositionµ
d’inauguration du Lavoir Numérique, Écrans partagés ouvre ainsi une
première porte : celle de la photographie.
Plus d’infos

DÈS 20h30

≡ LA SUITE AU GÉNÉRATEUR

Projections Scoopitone Lavoir n°1 (2018) et Scoopitone Lavoir n° 2 (2020) de Laurent Melon
Plus d’infos

Installation multimédia et concert musique électroacoustique We Use Cookies de Simon HENOCQ & Romain AL’L
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SÉQUENCE #1 : 31 ANS DE WEB

Du 16 octobre 2020 au 10 janvier 2021

L’audiovisuel numérique n’est pas un domaine à part entière. Le
numérique lui-même ne se résume pas non plus à sa seule technologie
considérée comme providentielle ou malencontreuse et souvent réservée
aux seuls initiés férus d’innovations. L’audiovisuel actuel façonné par la
technologie numérique embrasse toutes les réflexions et tous les sujets
essentiellement humains : ce que nous regardons et écoutons, ce que nous
concevons et exprimons à travers nos représentations, en un mot, ce que
nous pensons de notre monde.

Il y a plus de 30 ans, toutes les images fixes, toutes les images mouvantes et
tous les objets sonores que nous produisions avec nos appareils sont
progressivement devenus … des données numériques.

Il y a plus de 30 ans, le Web a généralisé à l’échelle mondiale la circulation
et l’échange de ces données qu’il s’agisse de photographies, de vidéos ou de
films, de musiques ou tout simplement de sons.

Depuis plus de 30 ans, nos productions visuelles et sonores, leur diffusion,
leurs usages, leurs modes de consommation et par conséquent nos
habitudes et même nos comportements sont conditionnés par cette
mutation technologique. L’histoire et le devenir de cette mutation s’écrivent
jour après jour, là, juste sous nos yeux.

Chaque trimestre, le Lavoir Numérique aborde sous forme de Séquences,
une question soulevée par l’audiovisuel actuel. Chaque Séquence est
composée d’une exposition, d’une programmation cinéma, d’une série
d’émissions-débats et de différents évènements ponctuels.

Pour sa première Séquence, le Lavoir Numérique aborde la première des
questions : qu’est-ce que le Web ? Comment a-t-il transformé notre
audiovisuel ? Comment nous a-t-il transformé ?

EXPOSITION

Écrans partagés
La photographie après 31 ans de Web

Collectif Diaph8

Le Lavoir Numérique a pour ambition de questionner le monde par le
prisme de l’audiovisuel actuel.  Pour débuter cette longue et passionnante
prospection, il fallait bien commencer par le commencement et s’attaquer à
cette fantastique montagne qu’est le Web aujourd’hui. Exposition
d’inauguration du Lavoir Numérique, Écrans partagés ouvre ainsi une
première porte : celle de la photographie.

Plus d’infos

CINEMA

Le Lavoir Numérique explore les liens entre Internet et la création
audiovisuelle. Émergence de nouveaux talents, fenêtre sur notre monde ou
point de fuite, course aux données et identité numérique, autant de thèmes
abordés dans la toute première programmation cinéma du Lavoir
Numérique !
Programmation par Benoît De Chaumont, directeur du cinéma La Tournelle
de L’Haÿ-les-Roses.

Plus d’infos

SÉANCES SPÉCIALES

Robert Doisneau sans les photos
Bernard Bloch,
Documentaire (1990), 7 min

Scoopitones
Laurent Melon,
Série (2018-2020)

Le Photosophe, des instants avec Frank Horvat
Sandra Wis,
Documentaire (2018), 1h02

Plus d’infos

ÉMISSIONS-DÉBATS

Chaque trimestre, des rencontres publiques viennent rythmer
les Séquences du Lavoir Numérique, lieu de réflexion et d’échanges,
pour questionner l’ère numérique dans laquelle nous sommes entrés
à travers le prisme de la création audiovisuelle.
Sous la forme d’émissions-débats, à la manière des émissions TV
ou radio, ces rencontres réunissent des personnalités invitées et
sont retransmises en direct puis disponibles en podcast.
Alexandre Héraud comme animateur
Pour 2020-2021, ces émissions sont animées par Alexandre Héraud,
journaliste, documentariste et producteur à France Inter et France
Culture, et désormais fondateur d’Écran Sonore, studio de création
de podcasts.

Plus d’infos

Une programmation conçue dans le respect des mesures sanitaires en vigueur.

ÉMISSIONS-DÉBATS

Dans le cadre de la
SÉQUENCE #1 : 31 ANS DE WEB
Du 16 octobre 2020 au 10 janvier 2021

Chaque trimestre, des rencontres publiques viennent rythmer
les Séquences du Lavoir Numérique, lieu de réflexion et d’échanges,
pour questionner l’ère numérique dans laquelle nous sommes entrés
à travers le prisme de la création audiovisuelle.
Sous la forme d’émissions-débats, à la manière des émissions TV
ou radio, ces rencontres réunissent des personnalités invitées et
sont retransmises en direct puis disponibles en podcast.
Alexandre Héraud comme animateur
Pour 2020-2021, ces émissions sont animées par Alexandre Héraud,
journaliste, documentariste et producteur à France Inter et France
Culture, et désormais fondateur d’Écran Sonore, studio de création
de podcasts.

31 ans de Web, et aujourd’hui ?

CE QU’A CHANGÉ INTERNET DANS NOTRE RAPPORT AU MONDE
JEUDI 5 NOVEMBRE 2020 : 20H

Au commencement était le Net. Réseau des réseaux, il offre une
formidable ouverture au monde en rendant possible les échanges
internationaux en temps réel, en donnant accès à une quantité
incommensurable de données produites quotidiennement. En cela,
il crée ou donne l’illusion d’un accès aux savoirs universels. Il est à la
fois vecteur d’une culture de la diffusion ou du partage et source de
nouvelles formes collaboratives ou de solidarité.
Mais sa neutralité, l’un de ses principes fondateurs et garant de la
liberté d’expression, est régulièrement menacée.

LE WEB ET LA CRÉATION AUDIOVISUELLE
JEUDI 3 DÉCEMBRE 2020 : 20H

Depuis plus de 30 ans, le web offre à la portée de tous, créateurs
professionnels et amateurs, de nouvelles ressources, de nouveaux
outils et de nouveaux procédés qui imposent désormais leurs
propres codes. Entre croisement des pratiques et des disciplines,
émergence de nouveaux formats et de nouvelles formes esthétiques,
cette émission fait une incursion dans le domaine de la création
audiovisuelle née par et pour le web.

NOS IDENTITÉS NUMÉRIQUES
JEUDI 7 JANVIER 2021 : 20H

Notre identité est-elle aussi désormais « numérique » ?
Sur la toile, chacun se fabrique un autre soi qui est bien souvent
multiple. On s’y expose et cette représentation numérique, celle des
réseaux sociaux notamment, influence en retour la vision de soi.
Il s’y crée aussi des identités collectives ou des revendications
d’appartenance à des communautés. Nos données, des plus impersonnelles
au plus intimes, sont la trace indélébile
de cette vie numérique.

ENTRÉE LIBRE
Intervenants en cours de programmation.
Réservation indispensable
01 55 01 04 86 / lavoir.numerique@grandorlyseinebievre.fr

SÉANCES SPÉCIALES

SÉANCES SPÉCIALES

Dans le cadre de la
SÉQUENCE #1 : 31 ANS DE WEB
Du 16 octobre 2020 au 10 janvier 2021

Robert Doisneau sans les photos
Bernard Bloch,
Documentaire (1990), 7 min
Avant-guerre, Robert Doisneau fréquentait régulièrement avec son frère les
bains-douches municipaux de Gentilly « La douche hebdomadaire, pas plus
». Il revisite ce lieu abandonné pour nous livrer quelques libertés sur la
différence entre l’eau et le feu et nous apprendre que « l’eau est civile et
que l’âme, c’est le feu ». Ainsi, dans ce sentiment de « bien-être dans la
propreté retrouvée », nous voilà édifiés sur l’hygiène de la vie sociale.

SÉANCE
CINÉMA EN CONTINU
Entrée libre pendant les horaires d’exposition

Scoopitones
Laurent Melon,
Série (2018-2020)
« 100 ans nous séparent des anciens Lavoir Bains-douches de Gentilly à
leur transformation en Lavoir Numérique. Réinterroger l’histoire du Lieu
en rendant hommage à l’histoire de l’image, lotion et émulsion s’emploient
au masculin comme au féminin. Entre artiste hybride et lieu d’hybridation,
il n’y a qu’un scoopitone. »

SÉANCE
CINÉMA EN CONTINU
Entrée libre pendant les horaires d’exposition

Le Photosophe, des instants avec Frank Horvat
Sandra Wis,
Documentaire (2018), 1h02
Le photosophe, des instants avec Frank Horvat, est un film sur un
visionnaire de la photographie. Un film sur Frank Horvat le grand
photographe, et Frank Horvat l’homme, conscient qu’il approche la fin
de sa vie. C’est aussi une rencontre complice entre un photographe
et une réalisatrice qui nous entraîne, dans un voyage philosophique à
travers plus de 70 ans de photographie.

SÉANCE
À l’issue de la visite de l’exposition Frank Horvat, Paris années 50
à la Maison Doisneau – En partenariat avec les Écrans Documentaires (hors-les-murs).
MARDI 24 NOVEMBRE 2020
Entrée libre – Réservation au 01 55 01 04 86
lavoir.numerique@grandorlyseinebievre.fr

Inauguration le 15 octobre 2020 : la Suite au Générateur

Inauguration le 15 octobre 2020 : la Suite au Générateur

Jeudi 15 octobre 2020 à 20h30

Entrée libre
16 Rue Charles Frérot 94250 Gentilly (à 400 mètres du Lavoir Numérique)

Le Lavoir Numérique s’associe au Générateur pour cette première soirée commune dédiée à l’image et au son. Les artistes Laurent Melon, Simon Henocq & Romain Allard concoctent ici une programmation qui mêle projections de Scoopitones et concert multimédia.

Projections de Scoopitones

« 100 ans nous séparent des anciens Lavoir Bains-Douches de Gentilly à leur transformation en Lavoir Numérique. Ré-interroger l’histoire du Lieu en rendant hommage à l’histoire de l’image, lotion et émulsion s’emploient au masculin comme au féminin. L’after-shave cool à la peau, le grain hydraté frissonne en Une. L’accroche fera date dans l’univers des magazines aux papiers glacés. Fixe ou animée, muette ou sonore, l’image fait tant d’histoires et laisse éclater son bruit.
Des figures rupestres de Lascaux aux graffs des métros, du roman du Renart de 1932 aux farces en Clark’s des Chapi Chapo, des portraits de Nadar aux couv’ de Télépoche, de « tu me fends le coeur » à l’imagerie des jeux videos, de la France a peur au 20H mais grâce à Dash j’enlève les tâches, du Joker sous les flash à « Est ce que j’ai une gueule d’atmosphère? », des raisins verts à Top Club, du « miroir mon beau miroir » au Lavoir à deux faces.
Entre artiste hybride et lieu d’hybridation, il n’y a qu’un scoopitone. »

Laurent Melon

Concert-vidéo

Du bruitisme anarchique aux pulsations électro-noise, We Use Cookies est un « set-up live » où ruptures de formes et textures instables donnent corps à une réalité sonore rugueuse et radicale.
Simon Henocq compose des textures riches de fréquences, de battements, change de caractère au fur et à mesure que la construction se révèle. En parallèle, sur les murs et le sol du Générateur, Romain Al’l dévoile une expansion visuelle de cette architecture sonore. La main du musicien, guidée par le dispositif vidéo, dessine et compose au public un univers en totale immersion.

Une première étape de création de We Use Cookies a été présentée au Générateur en mars 2018 lors de « La Nuit COAX ».

Laurent Melon est un artiste, ami et complice du Générateur depuis 2015. Peintre en résidence à Anis Gras, le lieu de l’autre (Arcueil), il a présente des expositions, créé de nombreux Scoopitones et animé plusieurs émissions de radio en direct. Si Laurent Melon proclame la bouche en coin qu’il faut entendre le bruit de chacun, c’est certainement parce que ce bruit tisse la toile sur laquelle se peint la mise en scène obsessionnelle de son quotidien.
Cet ancien moine, « frère de l’an 2000 » et disk-jockey depuis 1984 sur radio Aligre puis radio Libertaire, capte en discontinu des évènements, des confessions, des lieux historiques peuplés par les figures carnavalesques d’un monde à l’envers qu’il illustre en peinture.

Simon HENOCQ Musicien basé à Paris, sa pratique des arts sonores est ouverte à l’expérimentation et ses territoires d’expression sont multiples. Improvisateur, guitariste, il étudie l’électroacoustique au conservatoire de Pantin (prix Sacem en 2011) puis se forme à l’ingénierie sonore. Simon Henocq est l’un des directeurs artistiques du collectif parisien Coax, labellisé compagnie nationale en 2016, et co-fondateur du label Coax Records, dont il est collaborateur de nombreuses productions phonographiques (Acapulco, Radiation10…) en tant qu’ingénieur du son.

Romain AL’L Artiste visuel, fondateur de LÜDICKE, collectif de vidéastes travaillant dans le domaine du spectacle vivant et des arts numériques. Il compose des performances vidéo projetées pour des formes hybrides telles que Coax Brazil  Mashup, Dans la forêt, DEADALE. Il réalise par ailleurs des clips vidéo pour le collectif Coax (Acapulco, SNAp, We Use Cookies, Helved Rüm, Parquet…), et travaille avec d’ autres artistes, collectifs, musiciens ou ensembles tels que l’Orchestre National de Jazz (Europa Rome, Europa Oslo), l’Ensemble NAUTILIS (Third Coast ensemble), Sylvain Darrifourcq (In Love With)…
http://romainal.dropr.com

Exposition du 16 octobre 2020 au 10 janvier 2021 : Écrans partagés

Exposition du 16 octobre 2020 au 10 janvier 2021 : Écrans partagés

Écrans partagés – La photographie après 31 ans de Web

Du 16 octobre 2020 au 10 janvier 2021

Julia Amarger
Claire Béteille
Judith Bormand
Amélie Cabocel
Pablo-Martín Córdoba
Manon Giacone
Lorraine Lefort
Pernelle Popelin
Rafael Serrano

Vernissage lors de l’inauguration du Lavoir Numérique le jeudi 15 octobre à 18h30 (voir toute la programmation)
Visite commentée le dimanche 8 novembre à 17h
Visite / Rencontre avec le collectif Diaph 8 le mardi 8 décembre à 19h

Réservation obligatoire :
01 55 01 04 86 / lavoir.numerique@grandorlyseinebievre.fr
Jauge limitée.

Exposition organisée avec le collectif Diaph 8 et le soutien de la SAIF

HORAIRES
MERCREDI ET JEUDI DE 13H30 À 18H30
SAMEDI ET DIMANCHE DE 13H30 À 19H
ENTRÉE LIBRE

Le Lavoir Numérique a pour ambition de questionner le monde par le prisme de l’audiovisuel actuel.  Pour débuter cette longue et passionnante prospection, il fallait bien commencer par le commencement et s’attaquer à cette fantastique montagne qu’est le Web aujourd’hui. Exposition d’inauguration du Lavoir Numérique, Écrans partagés ouvre ainsi une première porte : celle de la photographie. Médium technologique inventé il y a presque 200 ans, la photographie est-elle toujours la même après 31 ans de Web ? Quelles nouvelles images naissent du Net ? Comment regardons-nous le monde à présent ?
Pour tenter de répondre à ces questions, l’équipe du Lavoir Numérique s’est tournée vers DIAPH 8, collectif d’artistes, praticien.ne.s et penseurs de la photographie, tous issu.e.s de la formation Photographie et Art Contemporain de l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis.

Le World Wide Web (ou Web), ce système qui permet de naviguer de site en site sur internet, a eu 31 ans cette année. Il y a également plus de 30 ans que la photographie a opéré une mutation technologique pour devenir, à l’instar des autres médias, un objet numérique. En devenant un mode d’enregistrement électronique produisant des données, la photographie n’a pas nécessairement remis en question sa nature propre ni ses principes fondamentaux (capter le réel et le transcrire sous forme d’une image) mais elle a bouleversé une histoire vieille de presque deux siècles qui la liait aux supports concrets qui la définissaient (une épreuve sur papier, une reproduction dans un magazine, etc.) et à l’usage que ces supports déterminaient. En devenant immatérielle, l’image photographique a progressivement intégré les moyens de communication élaborés par le Web ; une intégration qui, au passage, a connu une brusque et radicale accélération ces 15 dernières années.

La photographie en tant qu’objet visuel numérique ne peut toutefois pas s’envisager que sous le seul angle technologique. La production des images photographiques est certes désormais conditionnée par de nouveaux types d’appareils (les smartphones par exemple) et des logiciels innovants qui ont fait émerger des nouvelles formes visuelles et de nouveaux contenus. Mais cette production a, par la même occasion, généré de nouveaux modèles économiques, de nouveaux modes de gestion et de consommation, de nouveaux usages et de nouveaux rapports sociaux. L’image photographique, comme le souligne l’historien André Gunthert, est devenu un « objet fluide » autrement dit, un objet de données (et même de métadonnées sans lien avec le spectre visuel) malléables et transformables, un objet connecté, un objet de langage et un objet interactif.

L’exposition et la publication qui l’accompagne n’ont pas la prétention de décrire avec exhaustivité toutes les métamorphoses opérées et induites par la photographie depuis son entrée dans l’ère du web. En s’adressant à des auteur.e.s rompu.e.s à l’exercice de la pratique et de l’autoréflexion, ce projet vise simplement à esquisser les contours d’un paysage et à partager quelques réflexions. Leurs œuvres photographiques (épreuves, installations, projections) montrent, interrogent et tentent de circonscrire des sujets. Si Judith Bormand rappelle que derrière toute image photographique il y a désormais une machine, Rafael Serrano souligne quant à lui qu’en produisant et en regardant des images numériques via des tablettes ou des smartphones, nous manipulons et regardons avant tout des écrans. La profusion de photographies fait du web « une source ouverte, abondante et commune » pour Lorraine Lefort qui invente de nouveaux mythes à partir des innombrables matériaux visuels ainsi mis à la disposition de tous. Pablo-Martín Córdoba questionne de son côté l’économie de l’incommensurable quantité de photographies circulant sur le web et met en lumière le « Big data qui échappe à notre contrôle » ainsi que les centres de données (Data Centers), lieux invisibles où sont pourtant gérés, stockés et contrôlés toutes les informations. Manon Giacone montre comment une interface (celle d’Instagram en l’occurrence, aujourd’hui la principale plateforme de partage d’images fixes) peut déterminer le cadre d’une narration. Pernelle Popelin, pour qui photographier puis publier en ligne peut devenir « un acte de communion », interroge la mémoire collective et la représentation d’un évènement au sein du flux sur internet. Claire Béteille relève l’amplification des postures égocentriques et met en scène les limites absurdes du phénomène selfie qui pousse à diffuser son image en toute occasion. Enfin, pour Julia Amarger et Amélie Cabocel, l’image de soi véhiculée et soumise aux interactions sur les réseaux sociaux conditionne notre mode de perception des autres et possiblement notre conception de nous-mêmes ; la fluidité numérique de l’image photographique n’ayant sans doute rendu que plus visibles et plus prégnants les schémas, les modes et les goûts dominants.

Michaël Houlette

Julia Armanger, Une femme multifacettes
Rafael Serrano, Toucher Glisser
Amélie Cabocel, Imago

Diaph 8

Déclencheur d’Initiatives en Art et Photographie (Diaph 8) collectif créé en 2015 en Île-de-France, a pour objectif de promouvoir le travail artistique de ses membres.

Étudiants, diplômés, chercheurs, doctorants, journalistes, artistes, commissaires indépendants, professeurs et enseignants, photographes, chargés de communication, … Diaph 8 est composé
d’un vivier de femmes et d’hommes passionnées par l’image qui ont le désir de développer ensemble des projets. Tous ont en commun de suivre ou d’avoir suivi le Master Photographie et Art contemporain de l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis.

Le collectif est à l’initiative d’expositions en partenariat avec des structures culturelles et des commissaires indépendants, crée et édite des ouvrages, organise des séances de travail autour de la photographie avec ses membres, promeut et met à jour l’actualité des artistes sur ses supports de diffusion.

Nos actions encouragent l’émergence d’artistes et de professionnel.le.s de l’image, contribuant ainsi au développement de la photographie contemporaine. Le collectif a pour ambition de rayonner sur le territoire français ainsi qu’à l’international en s’associant à d’autres structures artistiques partageant les mêmes missions, afin de favoriser la mobilité des artistes, d’élargir le socle culturel de Diaph 8 et d’établir des liens durables avec nos partenaires à l’étranger.

www.diaph8.org

Partenaires :
SAIF www.saif.fr
La culture avec la Copie Privée www.copieprivee.org